J'ai peur de ne pas trouver de toilettes : Colopathie fonctionnelle et la laxophobie

Omg…
Tu es dehors, à 30 minutes de chez toi…
Et pas de toilettes à l’horizon.
(Parce que tu as scrupuleuse scruté tout ton environnement pour en trouver).

Et si une crise se déclenche maintenant ?

Car tu sens que ça gargouille dans ton ventre depuis tout à l’heure.
Mais ça se trouve, ce n’est peut-être rien.
Ou alors, c’est une crise qui se prépare.
Tu commences alors à avoir chaud…

Et c’est la panique à bord.

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Si à la lecture de ces quelques phrases, tu as ressenti une ou des émotions négatives, c’est que tu souffres probablement de laxophobie.

La laxoquoi ?

Ne bouge pas ma Brenda, je vais t’expliquer.

Mais pour faire simple, la laxophobie va se caractériser par la peur d’avoir une diarrhée principalement à l’extérieur de chez soi, et de ne pas pouvoir se retenir le temps de trouver des toilettes.

Je suis moi-même une laxophobe donc bienvenue à toi ici !

Dans cet article, je vais t’expliquer comment je travaille sur cette phobie au quotidien.

Mais pour comprendre comment s’en dépatouiller, il faut aussi en apprendre plus sur cette phobie invalidante. 

Sommaire :

  1. Comprendre la phobie : les causes et les déclencheurs de la laxophobie
  2. Les conséquences de la laxophobie : une vie d’évitement
  3. Mon expérience de l’EMDR pour en finir avec la laxophobie

Comprendre la phobie : Les causes et les déclencheurs de la laxophobie

Comme je le disais dans l’introduction, la laxophobie est la peur de ne pas trouver de toilettes si une diarrhée impétueuse décide de pointer le bout de son nez (alors que ce n’est pas le bon moment ni le bon endroit).
Et cela peut entraîner des comportements de type agoraphobe : se sentir prit au piège dans un endroit sans pouvoir trouver le moindre toilette.

Mais pour comprendre pourquoi cette phobie se manifeste, il faut savoir que dans la plupart des cas, il y a un événement traumatisant ou sensibilisant à l’origine.

J’en profite pour faire le parallèle avec mon histoire, tu veux bien ?

L’événement traumatisant remonte pour moi au moment du baccalauréat.
Le stress m’avait clairement rongé, et j’avais déjà une petite sensibilité intestinale à l’époque (avant de déclarer une bonne colopathie fonctionnelle quelque temps après cet incident).

The situation : pendant mon épreuve d’histoire-géographie, je sens que je dois aller aux toilettes.  Mais genre vraiment. Genre la diarrhée is coming.

Le problème ?
C’est que je passe le baccalauréat, et que chaque mouvement que l’on fait est minutieusement étudié pour limiter la triche.
Je rentre alors dans un combat avec moi-même, car je sais pertinemment que je vais devoir rester aux toilettes pendant une bonne dizaine de minutes.
Je me suis retenue trèèès longtemps (je pense 3 heures), et j’ai réussi à aller aux toilettes une fois rentrée chez mes parents.

Je m’en rappelle comme si c’était hier : douleurs abdominales, frissons, sueurs froides,…
J’ai même failli m’évanouir.
(Point très important dans la thérapie que j’ai menée : j’ai eu ma meilleure note dans cette matière durant les épreuves du baccalauréat)

Mais comme tu peux le lire, le souvenir est encore très frais dans ma tête alors que j’ai 35 ans.

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Et la laxophobie peut apparaÎtre, comme dans mon cas, suite à un évènement où l’on doit se retenir, qu’il y ait eu “accident” ou non.
L’expérience, quelle qu’elle soit pendant une période prolongée, suffit à déclencher la peur.

Encore faut-il réussir à comprendre que l’on souffre de laxophobie.
Pour ma part, il m’a fallu des années pour analyser mes comportements et mon mal-être.

Et surtout mettre un mot sur un mal éprouvant : la laxophobie.

Les conséquences de la laxophobie : une vie d’évitement

Suite à cet évÉnement, je manque de souvenir quant à savoir le moment exact où j’ai commencé à être laxophobe.

Cependant, je peux très clairement dire que dans mon quotidien, j’avais déjà mis en place des stratégies d’évitement suite à des situations et des moments stressants pour moi.

Et c’est ce qui va véritablement caractériser la vie d’une personne atteinte de laxophobie : cartographié l’entièreté de son environnement, et de ses déplacements pour éviter toutes les situations qui pourraient être embarrassantes comme

  • Prendre les transports en commun (et se retrouver coincé dedans suite à un incident technique)
  • Être coincé dans la circulation (dans un bouchon de plusieurs heures)
  • Tenir dans des réunions qui s’éternisent sans pouvoir se faufiler facilement aux toilettes

Et tous les endroits bondés de monde, où l’on se sent pris au dépourvu, coincé, avec peu de toilettes à disposition globalement.

Mais le pire dans tout ça ?
La dimension sociale qui alimente la laxophobie, avec un sentiment de jugement et de honte prédominant.

Parce qu’être seul dans sa voiture, et déclencher une crise quand il y a des bouchons, peut-être encore gérables… mais qu’en est-il d’un covoiturage avec des collègues ?

D’ailleurs, je te conseille ici un autre article sur mes 3 conseils pour apaiser naturellement les crises. C’est pour moi les bases à connaître pour limiter un maximum les douleurs aiguës.

Comment leur annoncer qu’il va falloir s’arrêter sur la prochaine aire d’autoroute, car tu es malade ? 

Et comment leur dire qu’il va falloir s’arrêter de nouveau à l’aire suivante, car tu as encore mal au ventre ?

Je pense que ce qui m’a toujours stressé dans ce type de situation, c’est que je ne peux pas contrôler mon emploi du temps soumis à des éléments extérieurs (et du coup de gérer mes pauses toilettes comme je le veux).
Et ça, je l’ai souvent ressenti dans l’univers du travail où la performance, et la maladie n’ont pas leur place.

On devient vite catégorisé comme quelqu’un de “faible” qui aime prendre son temps, et qui ne tiendra pas sur le long terme.

Ça a toujours été très frustrant pour moi et cela fait écho à ce que j’ai pu vivre au moment du baccalauréat.

Ne pas pouvoir sortir, m’échapper comme je le souhaite, et être soumise à un emploi du temps très strict, sans personne pour m’offrir un peu de sécurité.

L’EMDR pour en finir avec la laxophobie

Mon expérience de l’EMDR pour enfin soulager ma laxophobie

La laxophobie a disparu assez naturellement avec le fait de soulager mes symptômes de colopathie fonctionnelle (qui dans mon cas se caractérise par un changement de transit avec une alternance de constipation et de diarrhée).

Pendant 3 ans, grâce à ma propre méthode qui mixe différents outils naturels, du coaching, et un rééquilibrage alimentaire personnalisé et individualisé, j’ai littéralement vécu ma best life.

>> Pour en savoir plus sur ma méthode d’accompagnement pour mieux vivre avec la colopathie, tu peux la consulter sur cette page.<<

Je n’avais plus de maux de ventre, plus de crises. 

J’avais encore des douleurs par moment (la barre transversale), mais mon transit lui était solide. 
Et les crises avaient totalement disparu. 

Arrive alors un événement personnel qui impacte toutes les sphères de ma vie deuxième semestre 2021 : j’entame une procédure de divorce

Et là, c’est un tsunami d’émotions qui me submerge (comme tu peux t’en douter).

Moi qui ai déjà de base une sensibilité exacerbée (et par conséquent une haute sensibilité intestinale), je commence à développer de nouveau des symptômes de colopathie…

C’est alors que ma laxobophie endormie se réveille elle aussi.

Petit focus important, il existe à priori 3 catégories de personnes laxophobe :
1) La laxophobie est fondée sur l’anxiété et la personne ne souffre d’aucun trouble digestif. 

2) La laxophobie est majoritairement fondée sur l’anxiété, et la personne souffre de troubles digestifs mineurs.

3) La laxophobioe est fondée suite à l’expérience quotidienne des troubles digestifs répétés : colopathie fonctionnelle, SIBO, maladie de crohn et rectocolite hémorragique. Les troubles médicaux génèrent alors une anxiété et une phobie secondaires.

Pour ma part, je me situe dans la catégorie 2.
Car aujourd’hui, je vais 2 fois par jour aux toilettes assez normalement.
J’ai très peu de douleur ou de ballonnements (Et n’oublions pas que le corps a le droit de s’exprimer aussi parfois).
Mais dans les faits, je me perçois encore comme une ancienne colopathe avec de très gros symptômes.

Et donc une fois sortie la tête de l’eau de mes aléas personnels, je voulais aller mieux et prendre de nouveau soin de moi.

Moi qui passais mon temps à avoir des pensées parasites dès que je mettais un pied en dehors de chez moi, ou même prendre un Imodium ‘au cas où’,…

Il était temps que je passe à autre chose.

Les étapes de mon expérience avec l’EMDR dans la gestion de la laxophobie

C’est en juillet 2023 que je décide de faire appel à l’EMDR avec la thérapeute Bénédicte Pichard.

Vous pouvez retrouver son site qui explique sa pratique de l’EMDR pour soulager la laxophobie ici.

Pour le résumer avec mes mots, l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) sert à transformer un souvenir.
On va alors utiliser le mouvement oculaire comme base de la thérapie.

Bénédicte m’avait expliqué que selon une expérience vécue, nous avons tous une fenêtre de tolérance.
De nombreuses personnes ont déjà été dans la même situation que moi avec une diarrhée impétueuse…Mais dans le cas de mon expérience au baccalauréat, j’ai clairement explosé ma fenêtre de tolérance.

Et ce souvenir, reste finalement bloqué au point que dès que je revis une situation assez similaire (même une toute petite douleur dans le ventre), inconsciemment cela me renvoie à un scénario catastrophe.

Ce qui est ressorti de l’accompagnement ?

Suite à plusieurs séances, j’ai réussi à transformer ce souvenir traumatisant en force.
Et ce que j’ai découvert surtout de très important : c’est que j’avais beaucoup de mal à demander de l’aide si une crise de diarrhée se déclare.

Très concrètement, au moment de mon épreuve du baccalauréat, je ne pouvais pas demander de l’aider à un examinateur alors que j’avais très envie d’aller aux toilettes.

Je suis alors restée bloquée dans cette idée que je devais à chaque fois m’en sortir seule par honte.

Autre point, j’ai eu la meilleure note de toutes mes épreuves confondues lors de ce jour traumatisant. Ce qui veut dire aussi que je suis restée maitre de mes émotions malgré la difficulté.

Ce point a vraiment fait un effet de réassurance très important dans mon cas.

Et surtout, j’ai réussi à me retenir de ne pas aller aux toilettes pendant 3 bonnes heures. C’était insupportable mais mon ventre a quand même tenu bon.

Aujourd’hui, je vais mieux. Je ne dis pas que je suis guérie de ma laxophobie, mais j’anticipe beaucoup moins mes déplacements.

Grâce à l’EMDR, j’ai aussi compris le mécanisme de la phobie et j’ai les outils pour continuer à me désensibiliser.
Typiquement, si le matin, j’ai un transit un peu capricieux, je ne m’empresse plus de prendre un médicament.

Je sais aussi que je peux compter sur mon entourage pour m’aider en cas de besoin et j’ose m’exprimer sur ce sujet (si une crise se présente à l’extérieur). 

En espérant que ce témoignage puisse t’apporter un autre regard sur la laxophobie.

Et si tu as besoin d’une oreille attentive pour parler de ce sujet, je te propose la hotline des bidous senslbles.

Pendant 30 minutes, nous échangeons par téléphone toi et moi.
C’est un moment qui t’est consacré pour parler sans tabous de ton histoire de colopathe.
Tu repartiras avec tes premières pistes concrètes pour soulager durablement tes symptômes

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(et c’est sans engagements).

Source : https://www.lapeurauventre.com/quest-ce-que-la-laxophobie/

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